lundi 28 mai 2012

Une partie de courses...y'a de la joie...

Montessori c'est bien, c'est formidable, on n'en finit pas d'approfondir. On est dedans à 300%, on le vit, on le voit tous les jours et on est heureux. Profondément heureux. Une vie qui répond aux aspirations de nos enfants et des parents (à part le fait que le papa doit quand même aller travailler...).
Mais voilà. Il y a partout un "mais". Et ce "mais" d'aujourd'hui est juste que parfois c'est difficile pour le parent d'être un "montessorien". Car au-delà de tout matériel, c'est un état d'esprit, une approche de la vie.
Avec un enfant, on n'a des yeux que pour lui, on n'est occupé que par lui. Avec deux la tâche augmente, la difficulté est un peu plus complexe. Avec plusieurs enfants,tout reste possible, mais je pense qu'on passe par des moments difficile et la "métamorphose" de l'adulte dans le domaine doit avoir lieu, sinon ça ne peut pas marcher.
Il vous est déjà arrivé de vouloir partir faire les courses en emmenant vos deux enfants? Et vous voulez le faire bien-sûr dans un état d'esprit qui soit conforme à l'éducation que vous avez choisi pour vos enfants.
Et bien, armez-vous de temps, de patience, d'un lâcher-prise et tout ira bien. Vous rigolez peut-être maintenant, parce que vous voyez probablement les difficultés qui vont se présenter à nous juste pour faire les courses...
Vous voulez les détails croustillants? Allons-y alors!

L'appel aux enfants, leur annonçant que nous allons faire les courses, fonctionne toujours. Ils adorent faire les courses. C'est déjà ça de gagné! Il faut maintenant les habiller correctement, parce que mes enfants ont la particularité de se déshabiller au cours de la journée. En général les enfants savent où sont leurs pantalons etc... mais la recherche des chaussures de l'un et de l'autre prend son temps (si la maman n'avait pas un œil "superviseur", il y aurait des chaussures qui ne seraient jamais retrouvées....). 
Si on ne l'oublie pas, on se nettoie la bouche. Les miens étant amateurs de chocolat en tout genre en fait, il y a toujours une trace de quelque chose quelque part, et si ce n'est pas sur la bouche, c'est certainement sur le t-shirt... Allez et en route! L'un se jette sur les clés de la maison et de la voiture, l:'autre le voit et est déjà frustré de ne pas avoir été plus vite. Premiers cris. Bon, parfois le grand ferme la porte d'entrée à clé et ensuite on fait un deal pour que le petit puisse porter les clés. Mais parfois il ne veut pas. Dans ce cas, petite crise de pleurs, on essaye de détourner son attention sur autre chose et on approche de la voiture. Ici, soit ça passe, soit on attend et on regarde le "cinéma" suivant: le grand monte dans la voiture et s'attache alors que le petit, depuis plusieurs semaines, ne veut pas monter. Parfois il me suffit de lancer le moteur pour qu'il ait envie de monter, parfois ça ne suffit pas et il faut que je ferme toutes les portes et que j'avance avec la voiture pour que le petit bonhomme ait enfin envie de monter. Parce que si jamais on la mauvaise idée de vouloir aller vite et de le mettre de force dans son siège, c'est horrible pour lui comme pour nous. Il se raidit totalement,il est impossible de le mettre dedans et de l'attacher... On évite l'utilisation de la force, même si ce "cinéma"a nous fait perdre plusieurs minutes à chaque fois.
Et si le petit a les clés, il s'assoit sans problème dans son siège.  Mais comment faites-vous pour lui reprendre les clés? Maintenant c'est vous qui faites votre "cinéma" pour le persuader de vous passer les clés... 
En route, si vous finissez par avoir les clés! Le trajet se passe normalement sans problème, on arrive donc sans soucis au supermarché. Le grand cherche un caddie. Il veut se mettre dedans, le petit nous suit, mais ne veut surtout pas monter dans le caddie, rien de plus sacré que sa liberté! On l'a compris depuis longtemps, du coup il marche librement dans la magasin derrière nous (ou pas). 
Heureusement, ce jour-là le magasin fêtait quelque chose et il y avait des ballons gonflables à l'entrée. Les deux sont ravis et prennent chacun un ballon qui est monté sur une tige plastique. Du coup, le grand sort aussi du caddie et ils font une procession avec leur ballon en chantant à tue-tête, bien fort à travers le magasin.
"Libérée" des enfants, je fais mes courses, même si je dois rappeler aux enfants qu'ils n'ont pas le droit de manger des raisins, des cerises, des fraises etc (chose qu'ils aiment par dessus tout...), que non, on ne prend pas un sachet de Babybel, ni des sachets de bonbons. Parfois ça marche, parfois je dois donner au petit un paquet de quelque chose qu'il aime bien et que j'avais eu l'intention d'acheter. Le grand heureusement est assez compréhensif. Il ne me fait pas de scène particulière. Je dois dire que mes enfants ne pleurent pas dans le magasin, mais il arrive quand même que le petit dise un "non, non, non" bien affirmé et pousse quelques petits cris, mais cela ne va pas plus loin. Mais parfois je dois céder pour leur acheter une petite bouteille de limonade pour qu'ils soient tranquilles...M'enfin qu'à cela ne tienne!
Soudain vous entendez un paf et un petit qui pleure! Évidemment, il a cassé son ballon, on ne sait comment! Avec plein de compassion pour ce petit déçu, vous repartez à l'entrée lui chercher un autre ballon (qui ne tardera pas à son tour à éclater juste avant de monter en voiture...) et tout le monde est à nouveau heureux! Quel sourire béat du petit! Cela vaut bien ce petit détour à l'entrée, je vous jure!
Je vous passe les jours où les deux se jettent par terre pour marcher à quatre pattes, où ils jouent à cache-cache dans les quelques étendoirs de vêtements, où le petit écrase des œufs dans sa main dans le caddie ou qu'il ouvre un sachet de cotons-tiges, où l'un et ou l'autre arrivent avec un lapin de Pâques dans la main etc, tout cela sont des moments qui arrivent mais qui ne se répètent pas à chaque fois, voire très rarement.
Bien-sûr pendant tout ce temps vous avez gardé votre bonne humeur, pourquoi des enfants courant dans le magasin vous mettraient hors de vous? Pas de raison, ils ont l'air heureux et ils font sourire les autres clients! Voilà qui est bon pour la santé publique. C'est vrai, un petit garçon qui fait son timide et vous regarde c'est mignon tout plein, les gens craquent. Vous leur souriez, vous faites vos courses, à la limite c'est comme si ces deux petits ne sont pas les vôtres, sauf que parfois il faut rappeler l'un ou l'autre à l'ordre pour que ça ne dégénère pas. Tout le monde passe un bon moment. On ne s'énerve pas, à quoi bon? Un enfant est un enfant et lui crier dessus de ne pas toucher à ci ou ça, de ne pas marcher où tout le monde marche, n'a pas de sens et épuise les parents (et peut énerver aussi les autres clients).
Vous arrivez en caisse avec les deux petits plus ou moins près de vous. Il y en a toujours un qui a quelque chose dans la main qu'il ne veut pas mettre sur le tapis roulant. Il regarde la vendeuse avec son air de timide-non-je-ne-donne-pas qui la fait fondre... et on arrive à ce qu'il mette le truc cinq secondes sur le tapis pour qu'il le récupère de suite. Parfois aussi ils se mettent à grimper sur les barres autour des caisses ce qui me permet d'avoir de temps un temps un commentaire de la vendeuse "mais c'est dangereux, faut faire attention". Je dis "oui, oui" et basta. Qu'ils grimpent et se suspendent s'ils veulent, tant qu'ils ne gênent pas quelqu'un ça ne leur fait pas de mal. Question sécurité, je connais mes enfants et je sais ce qui est vraiment dangereux pour eux. Ce n'est pas la barre de 50cm de haut qui va les tuer. Ils grimpent déjà tellement dans les arbres fruitiers
Vous payez en carte, et vous voulez mettre le code, mais un enfant a retiré la carte! Mais bon, on peut la remettre et la tenir cette fois-ci! Payement effectué, les enfants déjà loin, vous partez direction la voiture. Les enfants ont trouvé dans le hall d'entrée une "machine-voiture"-où- il-faut-mettre-une-pièce... Vous partez tout de même en direction de la voiture et un des deux vous suit, l'autre il faudra venir le chercher tout à l'heure quand vous aurez mis les courses dans la voiture. Vous emmenez un petit sachet de gâteaux pour le persuader de venir avec vous, ce qui marche plus ou moins bien et vous le ramener en voiture. Sans problème vous pouvez démarrer, ouf! Vous êtes contente d'avoir fait vos courses, les enfants sont contents d'avoir un gâteau ou un fruit ou encore une bouteille dans la main... Ils prennent alors le temps de légèrement "décorer"la voiture, pour que personne ne puisse oublié le nombre de "repas" consommé à l'intérieur et ils chantent! Cela vous casse un peu les oreilles leurs mélodies qui n'en sont pas encore tout à fait une, des paroles qui n'ont pas de sens, mais vous vous taisez et vous pensez que c'est une belle journée et que vos enfants vont bien. 
Vous arrivez à la maison, les enfants détachés, il y a toujours un qui veut rester dans la voiture pour se mettre sur la place du conducteur (salir le miroir arrière, appuyer sur des boutons, allumer la lumière interne de la voiture que vous ne voyez pas et qui restera allumée toute la nuit...). 
Vous montez les sacs de courses, le grand a déjà un melon dans la main qu'il coupe et mange tandis que vous êtes en train de sortir l'autre de la voiture... Chouette, une entrée en moins! Un estomac rempli, en plus avec un fruit! Formidable! Et vous rangez vos courses, le petit a eu l'occasion de dénicher un yaourt dans un sac qu'il mange en traversant le salon tout en laissant des traces... ça tombe bien, c'est en carrelage et de toute façon vous avez prévu de passer la serpillière juste après, au moins ça vaut le coup!
Voilà, vous avez fait les courses ensemble, ça c'est super bien passé et tout le monde est content et fatigué! 

Cela vous arrive de vous étonner le soir en vous demandant pourquoi vous êtes si fatiguée? En soit, on ne fait pas bouger des montagnes tous les jours. Pourtant c'est bien l'impression qu'on peut avoir en fin de journée.
On a fait plein de choses, sans se presser, sans se stresser, ça a parfois demandé à la maman un bon coup de lâcher-prise, mais ça c'est bien passé et les enfants sont ravis. Ils sont bien. Ils vivent. C'est l'essentiel et vous êtes contente aussi, vous. Finalement. C'est chouette les enfants, même si ça épuise... mais qu'il est bon de les voir ainsi vivant, sans les réprimandes et les barrières que peuvent poser des parents! Ils ont leur vie, qui n'est pas une vie sans mesure, mais une vie avec un cadre large...

lundi 14 mai 2012

Fessée, colère et cie

Je n'ai pas lu de livre particulier sur ce sujet. N'étant pas "pratiquante" de cette méthode et n'y ayant pas recours, je n'ai pas ressenti le besoin de me documenter sur cette matière.
Le respect de l'enfant ne peut aller de paire avec toute forme de violence physique. Mais, je dois bien reconnaître que certaines journées l'irritation est bien là....et que la belle sérénité que j'aimerais afficher s'éclipse un moment. Alors, si la fessée reste bien banni chez nous comment faire cependant lorsqu'un germe de colère vient néanmoins compromettre notre relation à l'enfant?

Parfois, les enfants nous rendent dingues. Même les plus tranquilles, les plus calmes arrivent de temps en temps à nous perturber. Leur énergie s'éparpille soudainement comme s'ils avaient besoin de nous faire ressentir les ultimes secousses du lointain Big Bang.
 Dans ces situations, nous sommes souvent déjà victimes  de notre propre fatigue. La disponibilité n'est plus au rendez-vous. Et à un moment donné, l'enfant fait la bêtise de trop. Nous sommes sur les nerfs et l'enfant semble avoir fait "exprès" (mais je suis certaine qu'en réalité c'est un "exprès inconscient" de la part de l'enfant) de provoquer la situation. La fameuse goutte finit par faire déborder le vase... On arrive et on voit l'enfant plutôt satisfait affichant ce brin de malice qui finira par emporter définitivement notre calme... On a la "rage" (terrible maladie contemporaine) en nous, une rage qui nous transforme en furie. En furie peut-être plus ou moins "criante", avec des cris plus ou moins forts, qui peuvent être parfois insultant pour l'enfant. A ce moment là c'est la bascule...fessée ou pas... On ne sait finalement plus où l'enfant nous a mené, on est hors de nous et l'enfant semble presque se moquer de notre état. Il a encore le sourire esquissé sur ses lèvres. On le fixe avec le regard "tueur", méchant, plein de haine et on voudrait qu'il se taise, qu'il répare son erreur, et qu'il nous laisse tranquille... Parfois, lorsque l'on est vraiment énervé et qu'on est au bord du gouffre, on a la main qui part pour une "tape" ou tout autre malveillance... Cela n'était pas planifié, c'était un besoin de notre part pour exprimer NOTRE colère...et non une quelconque punition....
Je crois que cette situation, beaucoup la connaissent ou l'ont déjà vécu... C'est totalement humain, même si tous les jours on est en quête de respect pour l'enfant. Il y a des situations dans la vie qui nous exposent à la fatigue, qui nous mettent sur les nerfs...Les enfants nous sentent alors stressés et comme pour tirer la sonnette d'alarme ils s'expriment dans les extrêmes. Ils veulent attirer l' attention sur eux et le font comme ils le peuvent, c'est à dire à travers des comportements déviants, parce qu'alors nous ne sommes plus réceptifs à leurs signes normaux. Lorsque l'on est fatigué, on a besoin de se retrouver seul, au calme et on délaisse les enfants d'une manière inconsciente, mais on les délaisse tout de même et ils réclament leur dû...notre présence!

Quand je pense à des situations où les enfants me mettent "hors de moi", c'est toujours le même scénario. Soit je suis fatiguée (c'est le pire), soit je suis occupée "pour moi", et c'est sensiblement la même chose.
Les moments critiques surviennent souvent quant je suis occupée à lire ou sur l'ordinateur (et ça, ils insupportent à un point inimaginable...). Le plus souvent, c'est quand je suis immobile et que je veux du calme pour lire, me reposer ou faire des recherches. L'enfant sent alors qu'il n'a plus aucun accès à nous. Il tente pourtant de créer l'ouverture.  Mais à ce moment, nous disons "non mon chéri, je suis occupée à autre chose, on fera ça dans un quart d'heure". L'enfant ne comprend pas (ou ne veut pas). Il part pour revenir deux secondes plus tard afin de réclamer la même chose. Nous refusons encore de lui  consacrer du temps et l'enfant s'engage alors sur une autre voie...Il sollicite finalement  son frère (et là, ça ne peut qu'être pire que tout seul...). Ils sortent tous les jouets de l'étagère (moment où nous intervenons habituellement tout de suite pour éviter le pire, mais comme nous sommes occupés ou fatiguée nous remettons ça à plus tard en espérant avoir ainsi quelques précieuses minutes en plus "pour nous"). Et puis après ils courent dans la maison, font du foot, sortent encore d'autres jouets... Tout cela, nous le voyons plus ou moins), nous entendons le bruit qui nous énerve de plus en plus et notre moment à nous devient déjà un moment de torture, puisque nous ne pouvons plus vraiment faire ce que nous souhaitions... L'un qui pleurait arrête de pleurer, l'autre prend la suite et le jeu continue. Ils semblent même de meilleure humeur, ils sont les roi, ils font ce qu'ils veulent. On finit par entendre une pluie de grêle frapper le sol. On finit par quitter précipitamment son petit univers pour découvrir des dizaines de raisins secs étalés dans une chambre (je ne vous dirai pas laquelle...). On sentait bien que des choses se passaient hors de notre petite bulle, mais il a fallu ce bruit "menaçant" pour nous "réveiller"... et nous faire vivre une montée de colère plus ou moins dissimulée.
Le scénario peut varier niveau bêtise, mais dans le déroulement, je crois que c'est sensiblement toujours la même chose. L'enfant comprend: nous sommes dans notre bulle (pour quelque raison que ce soit) et nous ne voulons pas de lui. Ce qui est vrai pour le moment, puisque nous souhaitons qu'il nous laisse tranquille et qu'il s'active calmement tout seul. Et l'enfant se met alors en quête d'attention...
L'origine du problème n'est pas la fessée ou la claque. Le problème c'est la gestion de cette poussée brutale de colère qui finit par prendre le dessus et se traduire par un geste ou une attitude malencontreuse. Plus profondément, le problème c'est une perte de présence...qui a finit par devenir une absence...
En réalité, nous aurions pu réagir différemment dès le départ . Lorsque l'enfant veut nous sortir de notre bulle, c'est rarement pour nous embêter. C'est le plus souvent pour solliciter un moment d'attention soutenue et de qualité. J'ai finalement remarqué qu'à de nombreuses reprises, lors qu’avant de m'occuper de moi je lui consacre ce moment de qualité et que je le prépare ensuite à rester seul, il reste calme et s'occupe parfaitement lui même. Il faut donc savoir perdre du temps pour en gagner. Plus nous montrons à l'enfant une disponibilité qualitative...moins il n'est tenté de vouloir disposer de nous...Au revoir les tsunamis...et vive l'écologie affective. Toute présence intense apaise l'enfant et le nourrit profondément.

mardi 8 mai 2012

L'enfant est fait pour apprendre

La méthode Montessori comporte quelques points clés:
  • les enfants ont un esprit absorbant
  • les enfants ont des periodes sensibles (ordre, langage, marche...)
  • les enfants sont fait pour apprendre, cette caractéristique leur est innée
  • les enfants apprennent en travaillant
  • les enfants traversent des phases différentes (0-3, 3-6, 6-9, 9-12, 12-18ans)
Quelques sujets ont déjà été abordés dans différents articles. Aujourd'hui, voici un petit résumé sur une des caractéristique des enfants: leur appétit pour apprendre!

M. Montessori soulignait souvent combien l'enfant a depuis sa naissance une motivation profonde pour apprendre. On ne peut l'empêcher d'apprendre et d'absorber. Cela fait partie de son être. L'éducateur conscient de cette attente sert l'enfant au mieux lorsqu'à chacune des étapes de son développement il soutient et encourage ce mouvement. Les frustrations manifestées par l'enfant proviennent souvent du manque de compréhension de la part de l'adulte de ce besoin insatiable de découvrir et d'apprendre. 
Il est donc utile d'observer ce processus de développement et d'en saisir la signification. 

L’observation de l’enfant montre que ce principe d’apprentissage commence dès la naissance. Très vitre l’enfant découvre et expérimente l’environnement dans lequel il vit. Sa période « touche à tout » débute dès qu’il commence à être mobile. Toute pièce qu’il traversera sera pour lui un monde à découvrir. Rien ne l’arrêtera...ou presque…car ses expériences répondent à son profond besoin de développement. Avant ses 2 ans, on a déjà le bonheur de le voir affirmer sa personnalité. Il veut « faire seul » avant même de pouvoir le dire clairement.
L’idée de Maria Montessori d’offrir à l’enfant un environnement adapté provient des nombreuses observations qu’elle a faite de son besoin irrésistible d’apprendre. En lui proposant un environnement le plus adéquat possible, l’adulte donne à l’enfant la possibilité de réaliser de nombreuses expériences qui vont lui permettre de développer sa tonicité physiologique et psychologique. En étant très tôt en mesure d’agir dans un environnement donné, l’enfant développe son sens du réel et de l’adaptation. Sa conscience s’éveille au fil des expériences vécues. Il n’a de cesse de s’émerveiller de tout ce qu’il peut voir. Le voilà enjoué, vif, précis cherchant à pénétrer de tous ses sens le monde qui s’offre à lui.

L’une des caractéristiques du processus d’apprentissage de l’enfant est liée au mouvement. L’enfant apprend et absorbe avec ses sens et notamment ses mains. M. Montessori soulignait à quel point le développement de l’intelligence va de pair avec le mouvement. Pour elle, l’intelligence se développe même par le mouvement. L’immobilisme physique constitue donc une contrainte psychologique. L’intelligence, les sens et les muscles sont appelés à s’harmoniser pour favoriser le développement de l’enfant. L’agitation musculaire empêche les sens de l’enfant de se laisser saisir par l’environnement. Mais en même temps les sens et l’intelligence ont véritablement besoin de cette aptitude musculaire pour se nourrir de toute leur puissance. C’est un premier niveau d’harmonisation auquel l’enfant est invité. Ce sera pour lui un point d’appui qui lui permettra plus grand d’unifier profondément les langages du corps, du cœur et de l’esprit.

L’important est donc d’accompagner réellement les interactions entre l’enfant et l’environnement. On ne peut se contenter ici de le tenir sagement assis pendant que nous lui montrons quelque chose. Non. Pour se développer l’enfant doit prendre part « à pleine main » ! C’est la raison pour laquelle la télévision peut être un « drame » pour l’enfant. Sa musculature n’étant pas engagée, il ne peut rien apprendre de profond (sans parler du fait que la télévision est nocif au développement d'un enfant). L’enfant souhaite participer à toutes les activités de la maison. En lui adaptant des instruments à sa mesure, il pourra contribuer aux travaux quotidiens pour son plus grand bonheur. Rien ne l’effraie…que l’incapacité des adultes à le laisser coopérer aux actions communes du microcosme social dans lequel il vit.
 
Un autre point important à ne jamais perdre de vue pour l’adulte est que chaque enfant apprend à son rythme. Chaque enfant est différent. Le forcer à faire ce que sa volonté n’a pas encore mûrie c’est rompre le processus de développement homogène inscrit en lui. Sans jamais forcer, il convient de présenter régulièrement une activité à l’enfant en suscitant son intérêt. Et, souvent au moment où l’on s’y attend le moins, l’enfant se lance. En l’accompagnant et en le soutenant sans le brusquer on donne alors à l’enfant la possibilité de s’intéresser plus rapidement à de nouvelles activités. Pour les plus petits, il est important de leur présenter des activités qu’ils pourront réussir assez facilement. Ainsi de petits obstacles en petits obstacles surmontés, la confiance s’installe durablement dans l’esprit de l’enfant.

Un dernier élément lié à ce processus d’apprentissage concerne la répétition. L’enfant en bas âge a la capacité de répéter sans cesse la même activité. Sa logique de développement est portée à la maîtrise. Tant qu’il ne se sent pas maître de son action, l’enfant répète régulièrement une activité. Les recherches ont par ailleurs montré que les brefs échanges avec l'enfant pendant son travail, par l'utilisation du terme précis au moment où il agit, permettent de renforcer et d'améliorer son processus d'apprentissage.

lundi 30 avril 2012

On progresse

Le temps file à une allure folle, même en étant à la maison et nos petits progressent!

Grégoire est sur ses premières lettres rugueuses: g, m et a


Ca y est, le tracé "par cœur" est maitrisé pour cette lettre...

 Mais regarder ses doigts toucher le rugueux est toujours intéressant!

Grégoire fait la plupart du temps les tracés avec la main droite... parfois il le fait des deux mains... c'est déjà un droitier affirmé, mais de temps en temps, surtout si c'est une nouvelle lettre, j'insiste pour qu'il travaille ses deux mains

 

Travail avec les cylindres colorés

Grégoire sait faire le trinôme, même en mettant en bazar les cubes... Jusqu'à présent il avait du mal à le monter entièrement si les cubes n'étaient pas bien rangés

 

 Théophile fait des versées

 

Travail de minutie et d'adresse

Grégoire est les barres rouges... présentées depuis quelques semaines, mais encore "mal aimées" par Grégoire... 


On vérifie avec la plus petite barre

Théophile et un bloc de cylindre: le plus difficile, mais il voulait absolument prendre celui-ci, sous peine de piquer une crise de colère... alors...



Mettre des cures-dents dans un petit trou

samedi 17 mars 2012

A vélo !



Ça y est! Grégoire sait faire du vélo! Quel impressionnant pas en avant! Nous sommes toujours presque incrédule devant ces petits mystères.  Une nouvelle explosion. Un apprentissage éclair.

Grégoire fait de la draisienne depuis qu'il a deux ans. Il a certainement plus roulé avec elle qu'il n'a marché à nos côtés... De fait, il était très à l'aise dessus et les promenades que nous faisions duraient parfois très longtemps. Cela fait plusieurs mois que Grégoire garde parfaitement son équilibre sur la draisienne en levant les deux jambes et en s'essayant à quelques figures de style.
Depuis quelque temps, son papa lui a proposé un vélo sans les petites roues. Nous lui avons en effet acheté  un petit "14 pouces". Mais Grégoire a toujours refusé de se lancer.
Mais voilà qu' un samedi matin, il demande à son papa de faire du vélo. Et de préciser de suite: "papa sans les petites roues". Le papa a senti que cette fois les choses iraient très vite car le petit Grégoire montrait sans conteste une belle assurance....
De mon côté je n'ai pas suivi le spectacle, pensant que cela allait durer... Mais moins de 5mn après que le père et son fils soient sorties dehors,  j’entends mon mari depuis la cour m'appeler précipitamment. J'accours pensant que Grégoire était tombé et était recouvert de sang. Mais non, il m'invitait à prendre place sur le balcon pour regarder notre petit Grégoire...
Quelle ne fut pas ma surprise de le voir rouler sur son petit vélo tout seul! Je n'en croyais pas mes yeux et l'émotion était forte! C'est tellement mignon et incroyable de voir son petit faire du vélo! C'était inattendu... et nous ne pouvions imaginer  que cela se fasse si vite...
Cela nous émeut beaucoup de voir à nouveau comme les belles choses se développent à l'ombre des regards... avant d'éclater soudainement au grand jour...mystère de l'enfant! Mais comme il est bon de se laisser surprendre par ce mystère!
Avant de le laisser partir sur les routes son papa s'est demandé: que faut-il que je lui montrer pour qu'il se sente à l'aise sur son vélo sachant qu'avec la draisienne il maîtrisait déjà la difficulté majeure qu'est l'équilibre?
1er point: savoir monter sur le vélo et commencer à pédaler sans perdre l'équilibre. Il lui a montré alors comment garder un pieds au sol d'un côté et comment soulever la pédale avec l'autre pied avant d'appuyer dessus pour se lancer.
2ème point: comment freiner et poser les pieds par terre pour ne pas perdre l'équilibre.
Les deux principes furent à peine expliqués que Grégoire s'est lancé pendant que son papa gardait une main légère sous la selle. Après une petite minute, Grégoire lui a demandé d'enlever sa main pour "continuer tout seul". C'était parti...sans la moindre chute.
Et depuis ce moment-là, Grégoire est à l'aise sur son vélo comme s'il en avait fait  depuis toujours. Il ne tombe pas, même si les trottoirs étroits lui font encore un peu peur... Le week-end suivant, nous avons fait notre première ballade à vélo en famille de 7km! Je ne le croyais toujours pas.... et pourtant j'avais mon fils sous les yeux!

dimanche 11 mars 2012

De l'allaitement et du maternage

Encore un petit message autour de l'allaitement. Il me semble que ce sujet est inépuisable...  Chaque allaitement est différent pour chaque femme et comme pour chaque nouvel enfant... Il y a bien des choses à raconter à chaque fois.
Ce qui me fascine en ce moment, c'est la volonté bien précise de mon petit bonhomme de 19 mois de savoir quand il veut téter et quand il ne le veut pas. Très tôt, comme son grand frère, il a arrêté de boire en journée déjà avant ses 1ans. Depuis plusieurs mois, il ne boit plus que le matin et le soir au sein.
Pour une maman qui aime allaiter, cela peut parfois être difficile d'accepter que son "petit" de un an ou plus ne veuille plus téter autant, plus aussi régulièrement, selon ses envies. Et pourtant, je crois bien qu'il faut l'accepter... apprendre à l'accepter. 
Pour moi, il n'y a rien de meilleur à voir que l'enfant sait, et qu'il décide de vouloir téter, lorsqu'il en ressent vraiment le besoin. Chez nous, c'est le matin au petit réveil, je le cherche dans mon lit et il peut rester à tétouiller pendant trente minutes ou plus, encore à moitié endormi... Parfois il se lève, il va jouer un peu et il revient me voir, voulant encore profiter de quelques minutes au calme contre sa maman. C'est merveilleux d'avoir ce petit être à coté de soi. Sa volonté se manifeste encore lorsqu'il ne veut pas boire. Si je lui propose le sein, même s'il pleure, il se libère de mon étreinte, avec un coup de coude me disant "mais laisse-moi tranquille avec ton sein, j'en veux pas". Voilà un petit homme qui devient grand... et qui ne veut pas qu'on l'empêche de grandir à son rythme.
L'allaitement se joue à deux: mère et enfant. Pour moi, il s'agit d'écouter son bébé et son besoin et non pas la nôtre.  Mais il faut que la maman ait envie d'allaiter bien-sûr...  Mais cela ne devrait pas (à mes yeux) être un besoin de la maman en tant que tel. Parfois quand le bébé avait décidé de ne pas boire pendant plusieurs heures et que j'avais les seins durs et débordants, j'ai fait avec... Mais au début de l'allaitement quand la lactation "automatique" n’était pas encore en place, cela arrive rarement que le bébé zappe des repas. Et quand plus tard, les seins étaient quand même un peu douloureusement durs, parfois je les massais pour faire sortir le lait en surplus et plus tard le bébé tétait quand il en avait besoin. 
Comme c'est une relation affective, il est parfois difficile de faire la part des choses. On aimerait souvent que notre bébé reste un petit bébé blotti contre nous, dépendant de nous... mais est-ce vraiment ce qui est souhaitable au fond? C'est un ressenti émotionnel, cela  nous procure du bien parce que souvent on est un peu frustré du regard souvent posé par une société qui ne nous comprend pas. On se sent ainsi un peu valorisé et utile. Certes, cela joue probablement un rôle chez quasiment toutes les mères. Mais  dans l'éducation et l'accompagnement des enfants, un principe reste toujours de rigueur: "s’effacer pour que l'enfant puisse grandir". Il est souvent plus facile d'appliquer ce principe dans "l'éducation scolaire", dans notre cas, c'est la pédagogie Montessori, mais en tant que parent, on a parfois du mal à couper le cordon qui nous relie à notre enfant. Ce cordon est symboliquement et réellement coupé à la naissance du bébé. Maintenant le bébé a besoin de nous, a besoin de nourriture, de soins et d'affection aimante de ses parents. Sans cela il ne peut vivre. Mais plus le bébé grandit, plus il devient autonome, plus il se détache lui aussi, de ses parents. Ce détachement dure des années et commence dès la naissance. Notre bébé est une personne entière, encore petite, mais avec toutes les capacités en lui pour devenir une grande personne autonome. Si en tant que parent on "étouffe" notre bébé par trop de présence, trop d'affection, trop de maternage, on évite que l'enfant se développe à son rythme. Pour moi, materner veut d'abord dire écouter son enfant, l'observer, pour savoir ce qu'il veut, ce qu'il veut faire. Et tout cela n'est que possible si on met en arrière plan nos attentes, nos désirs, nos affaires. C'est difficile parfois, surtout, si on est fatigué (comme toujours....). Mais cela devrait être notre but. Et je crois qu'un enfant qui vit une telle relation, respectueuse des désirs, des besoins, en l'écoutant au mieux, se voit plus vite autonome et responsable dès le plus jeune âge. Il est vraiment surprenant de voir de quoi les petits enfants sont capables si on les laisse faire.
Mais, je sais bien que cela n'est pas possible pour certaines femmes, qui font facilement des engorgements etc. A chacun de trouver son rythme, dans ce billet je ne parle que de moi, de mes expériences allaitantes et je ne voudrais en aucun cas juger ou critiquer qui que ce soit. Je n'ai aucun problème à dire que chaque femme fait comme elle l'entend, même si cela va contre mes conviction. Il est justement important d'être à fond dans ce qu'on fait, sinon le bénéfice peut être moindre que si on faisait autrement....

jeudi 9 février 2012

Quand les enfants travaillent

Par manque de temps, notre blog est un peu resté dans les oubliettes... Mais le travail, plus ou moins assidu, continue malgré tout...
Nos deux petits garçons progressent à leur rythme. Nous faisons exclusivement du Montessori, mais l'application en est parfois plus ludique. N'étant pas dans une école, n'ayant pas d'autres enfants régulièrement avec nous, le grand a particulièrement besoin que je sois près de lui, que je manipule moi-aussi du matériel. 
Je le fais volontiers, je travaille ainsi aussi, et je me familiarise avec... Même si cela n'est certes pas la meilleure solution, mais cela nous convient tous les deux et cela le stimule et le motive pour travailler.
J'essaye régulièrement de le laisser travailler seul, mais cela ne dure pas très longtemps. Ensuite, si je ne m'y mets pas, il tourne en rond et il ne veux plus travailler.
Quand je travaille avec lui, il me dit à chaque fois "Maman, j'aime travailler cela avec toi!". Et je crois que c'est la preuve qu'il faut s'adapter différemment à l'enfant quand on fait l'école à la maison, surtout quand il n'a pas l'émulation d'autres enfants. 
J'ai remarqué que quand son petit frère travaille aussi, il n'a pas besoin que je travaille, je suis juste là pour surveiller que le petit ne dérange pas son frère... Mais, quand le petit frère travaille la vie pratique, le grand ne fais plus que ça aussi... Jamais il ne sort un matériel sensoriel quand son petit frère fait de la vie pratique... Cela a du bon, puisqu'il attaque régulièrement le lavage du miroir, qui est entre autre une préparation indirecte à l'écriture. Il fait cette activité bien volontiers, même s'il a une préférence pour commencer toujours en bas du miroir... et même s'il fait les boucles dans le sens des aiguilles d'une montre. Bizarre, parce que les formes à dessin, il les fait dans le bon sens...

Voici quelques photos des nos activités Montessori

Le puzzle de l'Allemagne (qu'il essaye régulièrement, mais il a du mal à aller au bout)

Théophile avec un bloc de cylindre... pour une fois il les a tous sorti... souvent il se contente d'en sortir deux ou trois et de les remettre dedans...


 Des versées de nouilles

Grégoire fait les pliées... et le fait parfois "à sa façon"


 Voilà, un jour, Grégoire a trouvé (enfin!!)  l'intérêt de la tour rose et de l'escalier marron! Pour une première fois, il a "expérimenté" les deux... après que je l'ai initié d'abord à les travailler ensemble...ensuite il s'est lancé dans des constructions expérimentales....

Hmm, lequel on va mettre dans le trou?

Il s'est trompé, il s'en aperçoit de suite et il corrige
 


Son travail "libre"...


 

Des versées libres

Et Théophile avec son bac de semoule

 Une fois, le travail amorcé, Grégoire continue à travailler la tour rose avec l'escalier marron (parfois encore avec des petites idées de ma part... )