lundi 30 août 2010

Hommage à Maria Montessori

Avec l'ouverture du blog "En Terre d'Enfance", ce 31 août 2010, nous souhaitons rendre hommage à Maria Montessori, dont nous fêtons aujourd'hui le 140ème anniversaire de la naissance.

Maria Montessori fut la première femme médecin en Italie. Elle consacra sa vie à l'éducation et elle devint un précurseur de "l'éducation nouvelle". Elle développa une pédagogie scientifique fondée sur la découverte des lois inscrites dans le psychisme de l'enfant.

Son œuvre demeure visible à travers les écoles qui ont adopté sa pédagogie. Il en existe aujourd'hui plus de 6000 à travers le monde... En France, sa pédagogie n'est pas encore très répandue, mais outre-Rhin et dans beaucoup d'autres pays, ses écoles deviennent de plus en plus une référence...



Avec ce blog, nous souhaitons visiter tout l'univers de l'enfance... Qui dit enfant, dit grossesse, naissance, nouveau-né, petit enfant, écolier, adolescent, adulte... A chaque étape de développement, nous essayons d'observer, d'interroger et de comprendre...Nous recueillons autant d'informations que possible afin de montrer que toutes les étapes ont leur importance pour permettre à l'enfant de bien se développer....Nous sommes donc à la recherche du Continuum Humain...

Vous trouverez un sommaire en haut de la page dans lequel la globalité de nos articles est listée. Vous pouvez devenir membre, vous abonner ou encore faire des recherches sur ce Blog.

N'hésitez pas à laisser vos commentaires aux articles. Nous souhaitons entrer en contact avec nos lecteurs et échanger avec eux pour nous enrichir mutuellement.


A très bientôt!

Un peu de motricité s'il vous plait

C'était une affaire compliquée de trouver les bonnes pinces à linges... Après en avoir acheté en bois (j'aime bien les choses en bois...) qui étaient trop dures à ouvrir pour les petites mains de Grégoire et des pinces toutes petites qui étaient tellement petites que Grégoire ne pouvait pas les ouvrir, j'ai finalement trouvé mon bonheur à la Foire Fouille: de grandes pinces colorées, en plastique (me voilà contredite...), qui s'ouvraient assez facilement.



Cela a permis à Grégoire de se familiariser avec ces pinces sans trop de difficultés. Au fur et à mesure de cette activité, il devint aussi capable d'ouvrir les pinces en bois et les petites pinces. Cela fait d'ailleurs partie des activités préférées de notre petit bonhomme.
J'ai également acheté des ciseaux pour enfants avec le petit ressort à l'intérieur il y a deux mois, mais il n'était pas encore prêt pour cela. Il n'arrivait pas à faire le mouvement... ou alors je lui ai mal montré... Nous avons réessayé les ciseaux hier et ça marchait beaucoup mieux! Il y arrivait presque tout seul... sauf pour tenir le papier perpendiculaire aux ciseaux .... affaire à suivre!

Grégoire a toujours besoin de personnaliser un peu l'activité: ici il préfère aligner les pinces sur le bord du plateau...

Une autre activité proposée consistait à mettre des noix avec une cuillère dans une boîte à œuf. Flop total... ca ne l'intéressait nullement....!
Et pourtant cette activité peut être intéressante sous plusieurs aspects, mais je n'ai pas ciblé la bonne période...

Après avoir voulu manger une noix, il a quand même fini par la mettre dans la boîte...


... et la séance se termine ainsi... avec deux noix rangées...

Un, deux, trois boutons et plus

Une activité à grand succès est notre "boite à trou" dans laquelle on met des petits boutons.

Au début, quand j'ai proposé cette activité à Grégoire, j'avais peur que les boutons soient trop petits. Mais, au final, il la pratique beaucoup... ça donne de la précision à ses gestes...


Cette activité (comme les autres d'ailleurs!) lui est accessible 7jours sur 7 et il lui arrive de la sortir régulièrement pour y mettre parfois 3 boutons, parfois plus... et parfois aussi, mais cela reste rare, il les distribue dans tout le salon...Mais à ce moment-là (comme si la maman n'avait rien d'autre à faire!), on en fait une partie de rangement commun... et le petit Monsieur trouve ça rigolo de chercher ses petits boutons sous le canapé, derrière le rideau et j'en passe...


Comme Grégoire a plusieurs jeux de cette sorte, j'ai vraiment pris des petits boutons et réaliser un petit trou pour stimuler sa motricité (très) fine.
Et résultat: ça a l'air de lui plaire, cette activité est celle qu'il sort spontanément le plus souvent depuis 3 mois.

Une pincée de coton

Comme l'ont fait certaines d'entre vous, j'ai proposé à Grégoire un plateau avec une pince.
Objectif: prendre les boules de coton avec la pince et les ranger dans la boite à œufs.



Grégoire avait un peu du mal au début et s'est vite lassé de cette activité. Quand je lui proposais, il ne voulait pas... mais il y a quelques jours, il fut finalement content de saisir "la pince" pour ranger les petits cotons. Pour autant, ce n'est pas une activité qui le passionne...



Les poules qui figurent sur la boîte l' intéressent plus que le rangement des cotons....Pour comprendre, voir ci-dessous...

jeudi 26 août 2010

Dieu, l'enfant et nous

Sur une question aussi intime et personnelle que l'activité religieuse, nous pouvons avoir une difficulté à déterminer comment il est souhaitable d'accompagner l'enfant dans sa croissance spirituelle. Entre lui imposer une "astreinte" religieuse quotidienne et le laisser sans nourriture jusqu'à ce qu'il choisisse totalement de lui-même un éventuel chemin spirituel, y a-t-il une alternative qui respecte l'enfant et ses aspirations?
C'est un sujet complexe. Nous ne donnerons que quelques pistes de réflexions qui sont le fruit d'expériences religieuses parmi les enfants.

Voilà deux mois, nous avons vécu l'histoire suivante. Une petite fille vient chez nous et joue dans la chambre de Grégoire. Soudain, son regard se fixe. Elle aperçoit un petit crucifix en émail. Elle le prend entre ses petites mains, me regarde et me dit: "tu crois en Jésus". Je réponds "oui". Elle reprend: "mes parents n'y croient pas mais moi si car sans lui tout s'effondrerait au-dessus de nous". No comment...

Maria Montessori rapporte dans le premier volume de sa Pédagogie scientifique une histoire semblable. Un enfant n'ayant reçu aucune éducation religieuse fonds un jour en larme en disant:"Ne me grondez pas; en regardant la lune, j'ai senti la peine que je vous ai faite et j'ai compris que j'ai offensé Dieu".

Dans son ouvrage intitulé "Le potentiel religieux de l'enfant", Sofia Cavalletti (une disciple de Maria Montessori qui a consacré une large partie de sa vie à la pédagogie religieuse) relate d'autres expériences de ce type. Elle rapporte qu'un petit garçon de cinq ans nommé Francesco demande un jour à a mère: "Qu'aimes-tu le plus, moi ou Dieu"? Sa mère, non croyante, lui répond: "c'est toi que j'aime le plus". Et le petit Francesco de la reprendre:"Je pense que c'est une grosse erreur".

En ce domaine, plus encore qu'en tout autre, il nous faut laisser de côté nos à priori d'adultes et recourir à l'observation pour découvrir les lois du psychisme de l'enfant. Tout le temps de la grossesse devrait d'ailleurs nous aider à porter un regard juste sur lui. Nous parlons facilement de "notre" enfant. Mais, nous savons bien que notre action volontaire apporte peu au développement embryonnaire. L'âme d'un enfant est un mystère qui nous échappe. Mais, comme la sage-femme qui sait accompagner la vie jusqu'à la naissance, nous avons pour mission de servir le développement de sa personnalité. Nous ne sommes pas les constructeurs de sa vie, nous en sommes les serviteurs.


Afin de pouvoir accomplir cette mission, il nous faut partir à la découverte de l'enfant. Lui-même nous montre le chemin que nous pouvons emprunter pour servir son développement. C'est en comprenant toutes les lois physiologiques, psychiques et spirituelles qui le tissent que nous pouvons lui apporter l'aide qu'il recherche.

Quelles sont donc les traits qui caractérisent l'embryon spirituel qu'est l'enfant?
  1. L'enfant montre une capacité d'émerveillement permanente: un rien peut l'étonner (c'est à dire frapper son psychisme comme un coup de tonnerre) et absorber son regard un long moment.
  2. L'enfant est un être qui cherche l'amour dans la relation: il semble en avoir un besoin infini qu'aucune présence humaine ne parvient à combler. Pour autant, il nous prend facilement dans ses bras et peut parvenir à nous consoler.
  3. L'enfant possède un mode de connaissance unique: il formule souvent des questions et des réponses qui nous laissent sans voix comme s'il possédait un don prophétique capable de nous remettre au contact de la vérité.
  4. L'enfant est un être de prière: il la connait dans sa forme la plus pure et théocentrique dans les actes de louange spontanés.
L'adulte, qui apprend à observer ces notes caractéristiques de l'esprit des plus petits, trouvera l'attitude juste qui lui permettra de guider leurs pas sans enfreindre leur liberté. Il verra aussi que la sentence de Jésus de Nazareth "si vous n'êtes pas comme ces petits enfants, vous n'entrerez pas dans le Royaume des cieux" contient une information de type scientifique sur les lois de développement spirituel de l'être humain. L'enfant semble plus que nous conscient de son origine. C'est peut-être ce que leur reconnaît particulièrement Celui qui s'est dit "Venu de Dieu"...

Quand l'enfant met de l'ordre spontanément...

On se demande parfois comment faire pour que nos enfants rangent leur jeux, soient plus ordonnés, plus propres, plus soigneux etc...
A regarder de près le comportements des enfants, il est possible de voir surgir spontanément certaines manifestations d'ordre sans aucune intervention parentale. Comme l'a constaté M.Montessori, tous les enfants ont ce qu'on appelle une période sensible qui touche l'ordre entre 16 mois et 2 ans. Cela peut se manifester de différentes manières: aligner parallèlement des voitures ou des animaux, mettre ses chaussures à la bonne place ou celles de son père..., jeter un papier à la poubelle, passer une heure dans le jardin à déplacer deux tricycles pour les ranger toujours l'un à coté de l'autre, transporter des peluches dans une corbeille et les aligner de différentes manières... mille exemples qui montrent que, oui, un enfant développe de lui-même cette période sensible si nous y prêtons attention.
C'est un phénomène psychique des plus important, car il montre clairement que l'ordre est une dimension fondamentale du psychisme humain et qu'il se développe de l'intérieur et non par une quelconque contrainte extérieure.



Lorsque l'on voit survenir cette période, il est important d'accompagner l'enfant dans sa démarche d'ordonnancement des choses. C'est une première étape qui le mènera, au fil des ans, à conquérir son ordre et son équilibre intérieurs.
Comme éducateurs, nous avons pour mission d'accompagner l'enfant dans sa capacité à ordonner son environnement en le soutenant... en lui montrant...ou encore en lui proposant régulièrement d'aider à ranger telle ou telle chose à la bonne place.
Comme a cet âge, les enfants n'aiment rien de plus que de faire comme maman... laissons-les alors passer la serpillière, l'aspirateur, un coup de balais... ou encore vider le lave-vaisselle pour ranger etc...Au résultat, ils ne cassent pas plus que les parents...


Que faire alors si on pense ne pas avoir vu cette période importance? Est-ce trop tard pour y remédier?

Il est probable que le dynamisme qui porte l'homme à ordonner le monde soit si fort qu'à n'importe quelle période de la vie il demeure possible d'en retrouver la capacité par des expériences adéquates. Ainsi par exemple, pour des enfants ou des adolescents en manque d'ordre intérieur, l'apprentissage musical, par l'assimilation des rythmes, peut être une aide précieuse pour les amener à un meilleur équilibre. Des travaux manuels réguliers, pour des adolescents socialement en difficulté, sont souvent un excellent moyen de les aider à se réapproprier ce caractère psychique que développe le petit enfant. Les facultés psychiques de l'être humain sont puissantes et certaines expériences bien menées peuvent permettre d'en retrouver le sens et la portée. L'important alors est de proposer des activités qui permettent à l'individu d'apprendre à isoler des caractéristiques (rythmes ou styles en musique par exemple) car c'est bien la capacité à classifier et distinguer qui permet à l'être humain de sortir du chaos et de la confusion.


Le fait d'observer ce phénomène chez un jeune enfant offre avant tout l'occasion d'une prise de conscience pour comprendre qu'aucun être humain ne peut développer un ordre intérieur par des pressions extérieures. Ce caractère, que l'on peut voir chez des enfants de 16 à 24 mois, est la première étape qui mène finalement l'être humain vers l'ordre intérieur auquel son psychisme cherche à le conduire naturellement. L'éducateur, quelque soit l'âge de l'enfant/adolescent qu'il accompagne, doit trouver les bonnes expériences pour qu'il puisse exprimer ce caractère indispensable à son bon développement.

mercredi 25 août 2010

Ada, au revoir...

A chacun ses petites astuces pour respecter l’enfant et son développement. Nous avons découvert un moyen fort simple pour nous assurer que notre enfant n’était pas brusqué lors d’un changement d’activité.

Lorsque notre ainé a achevé une activité il dit tout naturellement Ada (au revoir en français), signifiant ainsi qu’il va de lui-même passer à autre chose en la « saluant » avant de la quitter. Quel respect !...Ainsi lorsqu’il quitte le piano pour monter se coucher, il lui dit « Ada ». Il agit de même avant de laisser sa petite chatte plus tranquille, lorsqu'il passe d’un jeu au dîner familial, etc. Bref pas une activité ne manque d’être saluée par cette petite main bienveillante avant d’être quittée jusqu’aux prochaines retrouvailles..


Il n’est pas toujours évident de respecter parfaitement le rythme naturel de l’enfant lorsque nous l’invitons à achever une activité pour passer à une autre. Aussi, pour nous assurer que lui-même est au bout de son activité et qu’il peut pleinement s’orienter vers une autre ,nous lui laissons le temps de dire « Ada ». Nous sommes alors certains de respecter son rythme lors des transitions tout au long de la journée.

Nous pouvons observer que la plupart du temps cet « Ada » lui permet d’aborder la prochaine étape de lui-même aussi bien pour aller s’activer dans le jardin que pour rejoindre son lit après un bon brossage de dents.

Nous lui laissons ainsi la capacité de répondre à ses propres besoins. Un enfant fatigué aspire naturellement à se reposer. Mais, il faut lui laisser le temps d’en prendre conscience et d’y répondre de lui-même sans forcer sa dynamique physiologique. Le « Ada » est le signal qu’il nous envoie pour nous dire : « je suis prêt, allons-y ». C’est alors lui qui nous tire jusque vers son lit pour le dernier « Ada » de la journée…

mardi 24 août 2010

Maria Montessori et l'éducation religieuse


L'œuvre éducative de Maria Montessori est répandue dans le monde au travers des quelques milliers d'écoles qui existent ainsi que par la diffusion de ses ouvrages. Cependant, l'un de ses apports majeurs semble être resté dans l'ombre, alors qu'il coïncide parfaitement avec une double réforme inspirée par le pape saint Pie X, au sein de l'Eglise, au début du siècle dernier: la communion pour les petits enfants et le renouvellement de l'esprit liturgique.
Or, le travail scientifique que Maria Montessori mit au service du développement de l'enfance a connu une extension décisive au niveau de l'éducation religieuse à travers notamment une explication pédagogique de la liturgie et une assimilation biblique ancrée sur la figure du Bon Pasteur. Saint Pie X, bien connu pour sa sensibilité au monde de l'enfance, a réagi positivement aux travaux de la pédagogue en saluant cette "œuvre de régénération de l'enfance". L'année suivante, lors de la fête de Pâques, il envoie ce message de bénédiction à des religieuses tenant une maison de l'enfance: " Aux chers enfants de cette maison Montessori, acceptant de tout cœur leurs bons vœux pour la fête de Pâques, dans l'espérance qu'ils continuent à prospérer. Que leurs professeurs et les Franciscaines missionnaires de Marie reçoivent de tout cœur notre bénédiction apostolique sous la bienveillance et les auspices de la grâce divine" (donné au Vatican, 1911 par le pape Pie X).
Non seulement les papes ne sont pas restés indifférents à cette révolution pédagogique mais ils l'ont par ailleurs appuyée comme le montre le discours du pape Paul VI le 17 septembre 1970 lors du congrès international consacré à Maria Montessori. Source ici
Maria Montessori, partageant l'intuition fondamentale de saint Pie X sur la vie spirituelle des plus petits, a œuvré jusqu'à la fin de sa vie pour défendre leurs capacités à saisir magnifiquement les réalités les plus hautes. Voici l'un de ses derniers messages sur le sujet visant à encourager des enseignants catholiques rassemblés à Londres: " Jamais comme à ce moment, la Foi chrétienne n'a nécessité l'effort sincère de ceux qui la professent. Je voudrais demander à chacun d'entre vous qui êtes rassemblés à ce congrès de considérer la grande aide que les enfants peuvent apporter à la défense de la Foi. Les enfants viennent à nous comme une rosée d'âmes, comme une richesse et une promesse qui peut toujours s'accomplir mais qui nécessite l'aide de nos efforts pour cela.
Ne considérez pas l'enfant comme un être faible. Il est l'artisan de la personnalité humaine. Que cette personnalité devienne chrétienne ou non dépend de l'environnement qui l'entoure et de ceux qui sont les guides de sa formation religieuse.
Ne pensez pas que, parce que l'enfant ne peut comprendre de la même façon que les adultes, il lui est moins facile de participer aux activités religieuses. La Foi la plus étonnante et la plus profonde se trouve généralement chez les gens simples. Prenez par exemple ces femmes qui emmènent leurs enfants à l'Eglise en les allaitant: l'esprit inconscient de l'enfant absorbe cette ambiance divine tandis que la conscience raisonnante de l'adulte reste simplement humaine. Vous qui vous réjouissez de ce don d'appartenir à la Foi catholique, vous devez reconnaître la grande responsabilité qui est la vôtre pour les générations futures car vous avez renoncé au monde pour amener le monde à Dieu. Prenez les enfants comme une aide dans votre tâche avec foi et humilité. Ayez soin que leur regard limpide de ne soit pas abîmé. Protégez en eux ces énergies naturelles inscrites dans leur âme par la main guidante de Dieu. Puisse Dieu être avec vous pendant ce congrès et vous aidez dans vos conclusions et vos décisions".

Pour accompagner ce besoin de régénération spirituelle au sein de l'Eglise, Maria Montessori a appliqué sa pédagogie éducative à la formation religieuse en développant le premier atrium en 1915 à Barcelone. La fonction de ce lieu catéchétique, inspiré des écoles pour l'enfance, est d'initier notamment aux mystères liturgiques à travers une découverte concrète des objets du culte et des prières de la messe. Elle écrivit par ailleurs en 1933 un ouvrage intitulé "La Messe expliquée aux enfants" comme support pédagogique de son action de formation religieuse. L'un des points majeurs de son apport tient certainement à la place centrale qu'elle donne à la Liturgie dans l'apprentissage religieux. Cet aspect de son œuvre, malheureusement assez inconnu sur notre continent, pourrait aujourd'hui encore contribuer à développer, parmi les nouvelles générations, ce sens du sacré que l'Eglise cherche à remettre au cœur de la vie liturgique.
Dans son introduction à son ouvrage sur la messe, elle rappelle quel regard porte Jésus sur les plus petits: "Notre Seigneur percevait dans les enfants quelque chose que les adultes ne percevaient pas il y a deux cents ans et qu'ils ne perçoivent toujours pas. Cependant, les Évangiles affirment pleinement que beaucoup de mystères doivent être révélés aux plus petits. L'enseignement du Christ sur les enfants touche le cœur de leur éducation. Ils ont une personnalité différente de la nôtre et certaines impulsions spirituelles sont vivantes en eux qui sont souvent atrophiées chez l'individu devenu adulte. Nous devrions toujours gardé cela à l'esprit pour ne pas seulement leur offrir le plus noble des enseignements, mais leur offrir dans la forme qui leur convient. Nous sommes tenus d'aider les enfants en leur enseignant ce qu'ils ont besoin de savoir sur la religion, mais nous ne devrions pas oublié que l'enfant peut nous aider aussi, car il nous montre le chemin vers le royaume de Dieu".
Nous reviendrons souvent sur cette question de l'éducation religieuse notamment sous son aspect liturgique. Il est probable que le renouveau spirituel à venir passe par une nouvelle assimilation des richesses liturgiques par les plus petits d'entre nous. Le silence et la prière se découvrent au contact de la Liturgie. Elle constitue donc un enjeu éducatif majeur pour le 21 ème siècle. Leur faire découvrir, c'est donner aux générations suivantes des hommes de paix.

Comment l'AAD (Accouchement A Domicile) est venu à moi

Tout à commencé il y a déjà plusieurs années, avant toute grossesse, avant même d'y penser... J'ai toujours aimé plongé dans une atmosphère assez "nature": de l'homéopathie mais pas d'antibiotiques, une nourriture biologique plutôt qu'industrielle, des objets en bois sans odeur de plastique etc...
Je me suis d'abord intéressée à l'homéopathie, aux médecines douces, à la question de l'environnement, de la nourriture biologique etc... d'un forum je suis tombée sur d'autres forums, des "forums natures" où l'on traite tous genres de sujets... c'est ainsi que j'ai pu voir qu'on y parlait de "grossesse au naturel", "d'accouchement physiologique" ou encore d'accouchement à domicile...domaine que j'ignorais complètement, puisque je n'avais jamais été concerné par le sujet...J'ai donc beaucoup lu (avant d'être "physiquement" concerné). Ces lectures m'ont été une vraie nourriture pour me construire, faire mes choix, et développer une opinion solide...

C'est donc avec les meilleurs attentes que je commençais ma première grossesse... Une grossesse qui se passait à merveille, sans problème. Nous avions choisi une préparation haptonomique, ce qui nous correspondait totalement. Pour la naissance, nous avons trouvé une petite clinique près de chez nous qui faisait des accouchements plutôt nature...
A l'époque nous aurions voulu vivre une naissance à domicile, mais je n'ai pas trouvé de sage-femme qui en faisait... ou alors c'était trop loin pour elles...Certainement, je n'étais pas encore prête pour cette aventure, sinon j'aurais mobilisé l'une ou l'autre avec ma détermination habituelle...


Pour cette grossesse, j'étais entouré par un gynécologue compétent et expérimenté, qui en plus était assez nature et respectait les femmes dans leurs choix. J'avais mon petit hôpital de province qui ne ressemblait pas à une "fabrique à bébé"...Je me croyais en mains sûres et je partais tout à fait convaincue de pouvoir y vivre la naissance naturelle dont je rêvais.
Arrivée là-bas la nuit de l'accouchement, j'étais assez sereine et heureuse d'avoir bien préparer ce grand moment. Mais, au fil des minutes, alors que tout semblait aller bien, la sage-femme de service commença à exercer une certaine pression...Elle voulait toujours me mettre soit une perfusion, poser une veine, appeler l'anesthésiste ou encore me dire de pousser...A la fin, comme ça n'allait pas assez vite à son goût (après 2heures30!!!), elle commença à nous inquiéter en disant que le bébé pourrait connaître des difficultés si cela durait encore trop ..En réalité, nous approchions les 6 heures du matin avec l'incontournable "changement d'équipe"...Il fallait donc boucler l'opération..Mon mari, heureusement, qui avait bien assimilé les messages préparatoires de notre sage-femme haptonomique, l'a ramené au calme ... J'ai ainsi évité une épisiotomie et tout l'attirail de forceps et ventouses qui attendait sagement sur un plateau...
Pour ce premier accouchement, j'ai finalement accueilli notre ainé après 3h30 de travail, sans péridurale, sans épisiotomie... presque le rêve, s'il n'y avait pas eu une anesthésie générale après cela pour chercher quelques membranes qui n'étaient pas sorties entières...
Je n'ai pas gardé de trace négative de ce premier accouchement. Mais je commençais à mieux comprendre les femmes qui se battaient pour vivre un accouchement à domicile.
Arrive donc ma deuxième grossesse et, cette fois, comme ma petite clinique avait fermé ses portes, j'ai dû chercher une autre possibilité.
J'avais le choix entre un plateau technique et le fameux AAD... Après une réflexion renouvelée, je décidais de partir, accompagné de mon homme, à la recherche d'une sage femme, tous deux cette fois bien décidés à trouver la perle rare... J'ai contacté une sage-femme d'outre-Rhin (que j'avais aussi contacté pour ma première grossesse et qui avait refusé en raison de la distance). Elle est venue une fois chez moi pour expérimenter le trajet et a finalement accepté de m'accompagner pour cette nouvelle aventure... quelle immense chance j'avais!
En cette compatriote, j'ai trouvé une sage-femme hors normes, une amie, une maman, une femme qui comprend tout, qui a une réponse à toute question et qui inspire toute la confiance dont nous a besoin pour transmettre la vie...Mon homme était tout autant sous le charme!


Le jour "J", le 13 juillet dernier, tout est allé très vite. Nous avions préparé un bon dîner. Nous sommes ensuite partis faire notre ballade digestive avant d'aborder la nuit sans penser que la naissance était si proche. Vers 1 heure 30 du matin je me suis réveillé. J'ai rangé la cuisine avant de sentir les premières contractions. Mon mari, entendant du bruit dans la cuisine...et ne me trouvant pas dans le lit, m' a rejoint....Et là, ....premières secousses sismiques..J'appelle la sage-femme...Elle me demande si elle doit venir...Je réponds d'abord que je ne sais pas, avant quelques secondes plus tard de l'inviter à venir à toute allure....ce qu'elle fit car, afin d'arriver finalement 10 minutes avant la naissance, elle réalisa quelques pointes de vitesse à bord de son Transporter tout équipé...Tout s'est passé en 2 heures....dans la tranquillité de notre petite maison. Notre ainé s'est réveillé vers 5heures 30 entendant quand même plus de bruit que d'habitude. Premier baiser donné sur le front un peu plus tard après avoir posé la fameuse question: "c'est quoi ça???..."
Ma sage-femme est restée toute la matinée. Elle est revenue chaque jour pendant une semaine. Je peux dire avoir vécu un bonheur simple...à l'état pur....
J'ai donc pu réaliser ce dont je rêvais ... et après avoir vécu cela, je comprends vraiment les femmes qui ne veulent plus jamais accoucher en clinique...
Jamais je n'avais eu une telle qualité d'écoute et d'accompagnement. Maintenant, quand je vais chez un médecin, n'importe lequel, je ressors déprimée car j'ai l'impression de ne pas être entendu, ni comprise et que les réponses sont trop souvent standardisées et pas personnalisées...
Voilà comment est née ma passion de l'AAD... et si c'était à refaire, je le referais... surtout avec cette sage-femme...


Quelques liens:
Accoucher autrement
Accouchement à domicile
Accoucher à domicile
Forum AAD
Bébé nature, la naissance respectée

Grossesse et préparation psychologique

Une grossesse est un événement qui vient bouleverser la vie. La prise de conscience réveille en chacun d’entre nous maints événements de notre histoire. Nous pouvons nous sentir envahis par mille sentiments parfois contradictoires. Notre corps se modifie. Des sensations nouvelles nous invitent à une écoute différente de nous-mêmes. Nous ressentons de façon plus précise nos besoins fondamentaux. Si l’on y fait attention, la grossesse semble nous inviter à un voyage au cœur de nous-même, comme si pour donner la vie il fallait accéder soi-même à une nouvelle naissance….
Porter un enfant nous renvoie vivement à la façon dont nous envisageons la vie mais aussi à la façon dont nous la vivons. Par une écoute profonde de nous-même, la grossesse peut nous permettre de renouer avec nos besoins fondamentaux et trouver ainsi le chemin du bonheur.
Tous les besoins, toutes les émotions, toutes les craintes que font surgir la grossesse doivent être entendues. Rien n’est insignifiant. Ce temps de gestation révèle en nous des potentialités dont nous n’avions pas conscience. Le fait d’accompagner la vie nous replonge en son cœur comme pour en nous en refaire découvrir le sens. Toutes les manifestations que nous connaissons pendant la grossesse sont un guide précieux pour découvrir combien la vie est source de joie au-delà de toutes nos angoisses.
Nous avons souvent l’habitude dans nos sociétés de répondre à nos besoins en fonction du regard des autres. Nous ne faisons pas suffisamment attention aux besoins profonds qui sont les nôtres. Nous ne nous faisons pas suffisamment confiance pour y répondre correctement et trouver en nous la source de notre épanouissement. Nous cherchons toujours ailleurs ce qui pourtant demeure en nous. Nous nous fatiguons à soigner notre apparence, à construire un bout de renommer plutôt que d’entendre résonner en nous ce nom qui nous rend réellement unique.
La dynamique physiologique nous invite à une véritable libération vis-à-vis de règles auxquelles nous avons souscrites sans vérifier qu’elles répondaient bien à la recherche de bonheur qui demeure au fonds de nous. Un besoin pressant et impérieux nous conduit à répondre autrement tant à nos besoins physiologiques que psychiques. Nous trouvons une force toute naturelle à sortir des schémas sociaux imposés pour répondre à toutes les sollicitations que provoquent cette vie que nous portons.
Nos envies alimentaires se modifient. Nos besoins psychiques nous orientent vers la paix et la tranquillité intérieure. Une envie puissante d’harmonie vient accompagner ce mouvement vers la vie.
Les troubles physiologiques que la femme peut rencontrer pendant la grossesse sont aussi porteur d'informations. Bon nombre de ces symptômes ont pour origine un nœud psychologique que la grossesse permet de mettre en lumière. Le moment privilégié de rencontre avec soi-même que représente ce temps de gestation peut devenir l’opportunité de transformer le rapport que l’on entretient avec la vie.
Le temps de la grossesse peut ainsi devenir le temps d'une prise de conscience formidable. Car, pour bien donner la vie encore faut-il avoir suffisamment confiance en elle. Une écoute naturelle, pendant la période de gestation, permet de reprendre contact avec cette force sublime qui nous a, lors de notre naissance, conduit au cœur de la vie. Une petite voix semble se réveiller en nous. Elle nous invite à nous écouter profondément sans tenir compte des messages extérieurs à nous. Un formidable travail psychique fait son œuvre qui ne doit pas être perturbé par trop d'éléments étrangers à ce processus intérieur. En portant un enfant, nous contribuons à l'édification d'un nouveau monde, d'une nouvelle cellule qui aura une influence sur tout le tissu de l'humanité. Jamais plus qu'à ce moment nous sommes connectés aux sources de la vie. Jamais un autre moment ne peut permettre à une femme, à un couple, à une famille, de prendre conscience à quel point la vie nous révèle le secret de la confiance et du bonheur. En réalisant progressivement que nous sommes capables de donner la vie, nous sortons du doute infernale qui nous empêche de vivre pleinement en harmonie avec nous-même et les autres.
Toutes les envies, toutes les émotions, tous les symptômes qui surgissent pendant la grossesse sont autant de signaux qui nous invitent à retrouver notre noyau vital. Une envie soudaine de fruits révèle une aspiration au repos, à la sérénité, au calme intérieur pour intensifier l'équilibre personnel. Une angoisse peut traduire un rapport inadéquat à la vie, une dépendance aux autres, une convoitise qui nous éloigne de nos vrais besoins. Une nausée traduit parfois le sentiment d'impuissance, la difficulté à suivre nos intuitions au-delà des pressions extérieures ou encore un manque de confiance qui nous fait voir finalement l'enfant comme une menace supplémentaire au déploiement de notre vie.
Or, pour bien donner aux autres, il faut savoir bien se donner à soi-même. Les nombreuses modifications physiologiques et psychologiques liées à la grossesse offrent un contexte unique pour apprendre à aimer. Pour cela, il faut faire ce voyage intérieur, laisser de côté ces veilles habitudes dont nous savons qu'elles nous empêchent de vivre, écouter nos inspirations profondes plutôt que les sirènes étrangères à nous-mêmes et finalement répondre à tous ces désirs intimes qui sommeillaient jusqu'alors en nous. Si nous y prêtons attention, la grossesse nous enseigne à aimer la Vie. Le lâcher prise est une clé fondamentale pour découvrir le bonheur. Et la Vie humaine, en son origine, nous l'enseigne prodigieusement tant sa puissance de développement nous apprend à évacuer toute volonté de maîtrise et de paraître pour laisser libre-cours au bonheur de donner...

samedi 21 août 2010

L'enfant et les caprices


Le caprice et l’enfant : voilà un vaste sujet qui donne cours à bien des débats, bien des échanges et bien des interrogations. Comment se positionner face à ces petites colères, à ces tensions dont nous ne comprenons pas toujours le sens ? Comment faut-il intervenir ? N’y a-t-il pas des lois fondamentales qui permettent une interaction vraiment respectueuse du développement de l’enfant ?
Il ne semble pas évident de trouver le juste équilibre face à ces comportements de l’enfant dont nous ne comprenons pas toujours le sens.
Pour les parents, lorsque l’enfant n’a pas encore les capacités de s’exprimer précisément par le langage parlé, il est difficile d’atteindre la signification interne de ces mouvements désordonnés. Pourtant, pour peu que l’on y prête attention, et à condition de prendre le temps nécessaire avec l’enfant, il est possible de découvrir le sens naturel des ces manifestations psychiques.
L’enfant est doté d’une énergie. La conscience progressive qu’il en acquiert, au contact de l’ambiance dans laquelle il évolue, va lui permettre d’accomplir toutes ses potentialités. Avant d’aspirer au repos complet de la fin de journée, l’enfant manifeste le besoin insatiable de déployer toute ces énergies par le jeu d’activités variées faisant appel aussi bien à ses aptitudes physiques que psychologiques. Toutes ces énergies formidables cherchent à donner leur fruit jour après jour. Elles ont une structure interne, comme tout phénomène naturel, dont les lois de développement doivent être respectées pour ne pas se perdre inutilement.
L’énergie qui, dans son déploiement, manque sa cible devient une source de conflit intérieur. Celle-ci perd alors sa dynamique interne et prend finalement la forme d’une tension nerveuse ou d’un désordre psychique. Lorsque l'enfant atteint l’âge de deux, nous sommes facilement enclins à vouloir soumettre sa faculté de dire « non » pour éduquer sa volonté. Nous sommes paradoxalement moins attentifs à considérer les « non » que nous opposons à l’enfant lorsque pourtant il cherche à répondre favorablement à ses impulsions énergétiques. De la sorte, nous risquons de bloquer ces énergies là où notre rôle d’éducateur consiste à leur offrir le terrain favorable à leur juste accomplissement.
Les réactions désordonnées des enfants doivent être suivies avec beaucoup d’attention. L’objectif doit être de les aider à les résoudre réellement sans rajouter de la tension là où il y en a manifestement déjà.
Nous savons combien il peut nous être difficile, à nous adulte, de traduire par les mots adéquats les frustrations qui nous gênent dans notre vie. Pour l’enfant dont la vie émotionnelle déborde de beaucoup les capacités linguistiques, le désordre psychique constitue une expression subconsciente difficile à traduire. L’adulte, par son écoute, doit lui permettre de retrouver le chemin qui permettra à ses énergies d’atteindre leur but. Sans quoi, cet inaccomplissement viendra perturber à nouveau le développement de l’enfant.

Des exemples simples de la vie quotidienne peuvent nous permettre de mieux appréhender cette réalité. Nous allons par exemple lui proposer un jeu pour lequel il nous dit « non ». Nous insistons alors qu’il semble nous attirer vers une autre activité que nous lui refusons. Si vraiment l’enfant sent le besoin d’aller vers l’activité qui l’attire, il refusera fortement cette activité alternative que nous lui proposons. Et, il faudra peu de temps pour nous retrouver dans une situation de tension. Si, au lieu de cela, nous l’écoutons et nous l’accompagnons vers cette autre activité, nous allons nous apercevoir que cette activité correspond à un besoin profond que l’enfant reconnaît et respecte. En écoutant le désir de l’enfant, nous l’aidons à accomplir son développement en respectant les lois physico-psychiques qui informent son noyau vital. L’enfant trouve alors le calme de lui-même, fort de l’accomplissement auquel il est parvenu, guidé par un éducateur respectueux.
Les désordres, que nous appelons « caprices », sont donc comme des symptômes qui nous informent que l'enfant est en train de développer un germe maladif. Il faut y être particulièrement attentif et rechercher la résolution interne de ce conflit. L’enfant doit apprendre à reconnaître petit à petit la structure de son psychisme personnel pour pouvoir grandir sereinement et développer les potentialités qui sont les siennes. Voilà ce qui donne profondément sens à notre mission d’éducateur.

jeudi 19 août 2010

Les tris

J'ai cru désespérer en proposant à Grégoire un tri de trois couleurs... Visiblement ce n'était pas encore le bon moment.... Adaptation permanente oblige, j'ai formulé une nouvelle proposition...



J'ai donc préparé un petit bol avec quatre objets différents en 4 quantités (bouchons en liège, bouchons de bouteille, boutons, perles). Je lui ai présenté l'activité en la faisant devant lui... et apparemment cela l'a intéressé. Il a fait le tri de façon presque parfaite et a fini par empiler les bouchons en liège...Une activité en cache toujours une autre chez nos petits apprentis...

Quelques jours plus tard, je lui ai à nouveau proposé un tri de couleur et cette fois-ci cela a fonctionné! J'ai pris d'autres supports, un jeu de 4 boules de coton de quatre couleurs primaires... et Grégoire a tout de suite compris, l'a refait parfaitement, mais ne s'est tout de même pas attardé dessus... Il faudra donc quand même enrichir ce petit travail apprécié...

Les versées

Depuis quelques jours, Grégoire a commencé les activités style Montessori: les premiers versés.


Nous avons commencé avec les haricots blancs, les poids chiches pour finir avec les versés d'eau... cela l'a beaucoup amusé, surtout l'eau! En effet, il semble être dans sa période sensible des versés, puisqu'à chaque occasion il verse l'eau de son gobelet dans un verre, ou une assiette ou tout autre conteneur à sa portée... tout ce qui peut être transvasé quelque part, Grégoire le fait.




C'est chose simple à préparer, on a toujours tous les outils à la maison et c'est amusant pour l'enfant, au moins pendant quelques minutes... Ca stimule la motricité, la vue, le toucher, les gestes etc... et le souci de la propreté! En effet, on montre à l'enfant comment nettoyer le plateau si quelque chose s'est renversé: on ramasse à trois doigts les solides (cela entraine déjà à la bonne tenue du stylo plus tard) et on essuie à l'éponge l'eau renversé... eh oui, encore une expérimentation dans l'expérimentation! Ce n'est pas chose simple de comprendre le mécanisme de l'éponge: il faut essuyer et ensuite essorer l'éponge... Un acte qui nécessite une intense concentration...








Jean Liedloff et "le concept du continuum"

La culture occidentale actuelle incite à séparer très tôt le nourrisson de sa maman. Les raisons en sont autant théoriques (l'enfant risquerait de rester attaché à sa mère s'il recevait trop d'affection) que pratiques (de toute façon, la société ne nous laisse pas le temps de maintenir ce lien).

S'appuyant sur plus de deux années d'expérience auprès de tribus indiennes (Yekwanas et les Sanemas) au fin fonds de l'Amazonie, Jean Liedloff montre à travers son ouvrage que nous nous sommes éloignés des besoins fondamentaux de l'enfant en perdant de vue certaines lois inscrites dans la nature humaine.

Les phénomènes de stress, d'angoisse, de manque de confiance en soi semblent étrangers à ces populations qui manifestent un vrai savoir-vivre. L'auteur montre que ce sentiment de paisible confiance dans la vie trouve son origine dans les premiers mois de la vie de l'enfant qui, au sein de ces tribus comme dans d'autres cultures, est toujours porté.

"Le sentiment que ressent un enfant porté est un sentiment de plénitude ou d'essentielle bonté. La seule identité positive qu'il puisse connaître est basée sur le principe qu'il se sent bien, bon et le bienvenu. Sans cette conviction, tout être humain est handicapé par un manque de confiance, de spontanéité, de grâce et par l'ignorance du sens global de son identité. Tout bébé est bon, mais ne peut s'en rendre compte qu'indirectement, à travers la façon dont on le traite. Il n'a aucune autre manière visible de percevoir ce qu'il est. Aucun autre type de sentiment ne peut servir de base à son bien-être. La plénitude est le sentiment de base qui convient aux individus de notre espèce".


Cet ouvrage n'a rien d'une attaque en règle contre la société "civilisée". Mais, il nous invite à retrouver le sens des premiers mois de la vie humaine. En ce sens, comme une vraie "provocation" il nous appelle (vocare) dans une nouvelle direction (pro). Pour cela, plutôt que de laisser des normes collectives contestables s'imposer sans discussion, il serait important d'observer simplement ce que Jean Liedloff appelle les "attentes" du nourrisson.

"L'attente, dans ce sens, est ancrée aussi profondément dans l'homme que sa propre conception. Non seulement ses poumons ont une attente d'air, mais on peut dire aussi qu'ils sont une attente d'air. Ses yeux sont une attente de rayons lumineux dans un spectre bien spécifique de longueurs d'ondes réfléchies par ce qui pourrait lui être utile de voir; et cela, aux heures où il est supposé les voir. Ses oreilles sont une attente de vibrations causées par des choses censées l'intéresser, les voix d'autres personnes par exemple. Sa propre voix est une attente de bon fonctionnement des oreilles. Cette liste n'est pas exhaustive: des cheveux et une peau résistante à l'eau sont une attente de pluie; les poils du nez, attente de poussière; la pigmentation de la peau, attente de soleil; le mécanisme de la transpiration, attente de chaleur; le mécanisme de coagulation, attente d'accidents de la surface du corps; le sexe, attente du sexe opposé, le mécanisme des réflexes, attente du besoin de réaction rapide en cas d'urgence".


C'est cette notion d'attente qui permet par la suite à l'auteur de définir la notion de continuum comme "un enchaînement d'expériences qui correspondent aux attentes et tendances de notre espèce, dans un environnement de même logique que celui où sont nées ces attentes et tendances. Cela implique un comportement adéquat vis-à vis des autres acteurs dans cet environnement, et une attitude appropriée de ceux-ci envers nous".

Notre culture a perdu de vue une partie des attentes fondamentales qui caractérisent la vie du nourrisson. Si la culture indienne n'est absolument pas reproductible telle quelle chez nous, il serait néanmoins opportun de considérer en quoi elle respecte certainement mieux l'enfant et son développement. Des pistes intéressantes existent et certaines cultures européennes montrent une vraie aptitude à renouer avec des pratiques qui ont toutes comme objectif d'aider la vie à son commencement. L'information foisonne sur internet concernant la grossesse, l'allaitement, le portage et mille autres questions qui interpellent la science actuelle et ses conclusions.

Ce concept peut d'ailleurs s'appliquer à l'ensemble de la vie. En ce sens, il a une dimension sociale importante. L'auteur constate par exemple que chez les populations indigènes observées, il n'y a pas de "choc intergénérationel", car les anciens ont comblés les attentes fondamentales de leur vie et sont donc apte à guider le cheminement des plus jeunes.

Il est évident que chaque contexte culturel à ses spécificités. Mais, la nature humaine demeure leur fonds commun en dépit de toutes nos théories. Cet ouvrage a le mérite de nous la refaire découvrir, notamment à son commencement tant il est important d'être conscient que notre vision de la vie dépend souvent de la façon dont notre environnement à considéré nos toutes premières attentes....

La grossesse...une démarche de couple!

Lors de la première grossesse, nous avons souvent discuté en couple des découvertes que je pouvais faire au fil des jours sur ce sujet. Spontanément une question s’est posée à nous : comment pourrions-nous mettre au monde à deux…cet enfant que nous avions conçus à deux ?...
Cette question, fondamentale pour nous, a été le fruit de nos premiers échanges liés à la grossesse. Il nous est apparu essentiel de pouvoir tracer un chemin vers la naissance qui engage notre couple dans sa relation à l’enfant. Le fait de discuter beaucoup nous à aider à prendre conscience que ce chemin ne pouvait pas être juste constitué de mots, mais qu’il devait nous permettre de tisser concrètement ensemble ce lien que nous souhaitions d’ores et déjà développer avec l’enfant.
Nous avons alors fait quelques recherches sur internet afin de trouver un modèle de préparation qui positionne clairement le père dans son rôle de « compagnon » de grossesse pour la femme comme pour le bébé.
En posant simplement la bonne question, nous avons pu facilement trouver ce que nous recherchions. C’est ainsi que nous avons découvert l’haptonomie et toute une sagesse pour guider notre quête de naissance naturelle…
Pour construire cette démarche de couple, nous nous sommes finalement engagés dans trois directions complémentaires :
  • Des cours d’haptonomie : l’objectif était de développer l’aptitude à mettre au monde l’enfant en toute confiance, avec un profond sentiment de sécurité. Pour la maman, ce fut l’occasion de prendre conscience de ses ressources pour répondre aux besoins de l’enfant et d’augmenter fortement le bien-être et la confiance en elle. Pour le papa, c’était l’opportunité d’apprendre comment accompagner la maman et le bébé, en acquérant une science du toucher qui détende la femme et lui permette notamment de se sentir réellement soutenu pendant l’accouchement.
  • L’accompagnement par une sage-femme : les contacts que nous avons pu avoir avec le monde médical lors de la première grossesse ne nous ont pas paru être d’une réelle utilité pour bien vivre la naissance. Il existe encore aujourd’hui une très ancienne profession dont l’art consiste en l’accompagnement global du couple vers la naissance. Pour échapper à la sensation de vivre l’accouchement comme un pur acte médical, nous avons finalement jugé intéressant de nous faire accompagner par une personne de longue expérience dont l’approche de la naissance intègre les problématiques tant physiologiques que psychologiques. La qualité d’écoute, l’expertise et la relation qui se tissent avec la sage-femme ont été pour nous des éléments déterminants qui favorisèrent un cheminement harmonieux vers la naissance.
  • Des recherches communes : pour développer une véritable dynamique de couple autour de la naissance, nous avons décidé de consacrer chacun un temps de recherche et de lectures sur tous les sujets importants. Cela permet notamment au papa de rentrer activement dans l’accompagnement en vivant lui-même ses propres questions. Ces recherches ouvrent ensuite un vrai dialogue au sein du couple où chacun peut être acteur dans l’échange. Les décisions que le couple est aussi amené à prendre, chemin faisant, deviennent aussi leur œuvre commune, ce qui est source d’une intime satisfaction pour la femme qui se sent moins seule à porter l’enfant…

mercredi 18 août 2010

Le portage


Histoire de notre découverte :
Pendant ma grossesse, j’ai passé beaucoup de temps à chercher de l’information sur tout ce qui peut contribuer à offrir un bien-être naturel à l’enfant. J’avais en tête beaucoup d’images de maman portant leur enfant dans des pays moins industrialisées que les nôtres. J’ai découvert, qu’en Europe, le portage connaît un regain d’intérêt. A travers quelques lectures simples et convaincantes, j’ai laissé naître en moi le désir de porter en écharpe un enfant. Je me suis alors intéressé aux différents types d’écharpes. Les qualités sont très variables. J’ai entraîné mon homme à un cours de portage. Et nous avons appris ensemble les « nœuds » de base pour nouer l’écharpe. Nous avons dès après la naissance porté notre enfant en écharpe dans de nombreuses situations…
Synopsis :
Le portage est une pratique vielle comme le monde qui fut abandonnée à l’ère industrielle dans les pays occidentaux. C’est depuis les années 70 que l’on assiste au retour du portage dans les pays industrialisés. A travers le monde, on peut estimer que 2/3 des enfants sont portés. Les moyens utilisés diffèrent d’une culture à l’autre (paniers d’osier, écharpes, hamacs portatifs, etc) mais l’idée reste la même. Il s’agit de répondre notamment aux besoins tactiles de l’enfant.
En effet, le toucher est le sens le plus actif chez le nourrisson, celui qui lui permet de rentrer en contact et d’apprendre. C’est par le toucher que s’établit la relation fondamentale entre la mère et l’enfant. Le portage permet de poursuivre le développement d’une communication fondée sur le toucher. En maintenant l’enfant au contact de sa mère, celui-ci demeure dans une ambiance sécurisante et relaxante qui favorise notamment le sommeil de l’enfant. Le portage a aussi des effets positifs sur le développement global de l’enfant. Associé fréquemment aux activités domestiques et familiales, l’enfant se trouve dans une position favorable pour développer le sens de l’observation et de l’imitation. Il peut observer non seulement l’environnement dans lequel évolue ses parents mais aussi tous leurs gestes au fil de leurs activités.
Pour les parents, le portage présente aussi un certains nombre de bienfaits. Il permet à la maman de retrouver plus rapidement son tonus musculaire après la naissance. L’allaitement peut aussi se faire facilement. Les activités quotidiennes peuvent être assurées tout en berçant le nouveau-né dans un climat affectif qui lui est profitable. Il peut se pratiquer en « tout terrain », lors d’une promenade en montagne, d’un bain de foule citadin ou lors de la visite d’un musée. Il offre ainsi un vrai surcroît de liberté et de santé physique.

Qu’en dit le père ?
"L’idée de pouvoir établir un contact plus intense avec l’enfant me plut dès que ma femme m’expliqua les bienfaits du portage. Je n’imaginais pas néanmoins avant la naissance à quel point je deviendrai fan de la belle écharpe jaune. Quelques jours après la naissance, nous faisions nos premières ballades familiales à travers les vignes. Je sentais à quel point le portage me permettait d’établir une belle communication avec l’enfant. Je fus étonné de voir qu’il pouvait faire une vraie sieste pendant que nous foulions les chemins de terre plus ou moins accidentés. Petit à petit je devins presque un peu hostile au transport en « poussette » que je jugeais de plus en plus inadapté. Pas une promenade à la campagne ou en ville sans que je ne profite de ce moment pour porter. Un vrai moment de joie et de bonne humeur communicative. Je me souviendrai toujours d’un marché de noël sous un froid vigoureux. Ma femme avait confectionné un poncho de portage « grand froid » qui a fait littéralement sensation. De ce manteau adapté émergeait une petite tête regardant tous azimuts la foule et toute l’ambiance prodiguée par ce marché. Ma femme et nos amis marchaient derrière nous pour regarder le visage souvent surpris, souriant et quasi émerveillé des gens qui se retournaient pour profiter de ce spectacle insolite…Attention aux flashs, visiblement l'écharpe de portage suscite des vocations de photographes...
Alors que dire d'autre, sinon que pour rien au monde je n’aurai voulu passer à côté de ces petits bonheurs"….

Quelques liens qui vous informent et vous expliquent entre autres des techniques de nœuds:
Porter son enfant
Porter son bébé en écharpe
Je porte mon bébé

dimanche 15 août 2010

L'haptonomie ou la "science de l'affectivité"

Comment nous avons découvert l'haptonomie

Pour la grossesse de notre premier enfant, nous avons pris conscience que ce temps d'attente et de préparation devait avoir sa raison d'être tant pour l'enfant que pour les parents. Nous avions aussi la conviction, toute naturelle, que le cheminement vers la naissance devaient nous impliquer tous les deux..ou plutôt tous les trois. Nous nous sommes donc mis à la recherche d'un accompagnement qui réponde à ces deux intuitions.

Parmi toutes les possibilités existantes, l'une d'entre elles nous a interpellé comme une évidence car elle semblait répondre parfaitement à notre problématique: il s'agit de l'haptonomie.

Grâce à une sage-femme d'expérience, nous avons découvert un mode d'accompagnement tout à fait naturel....qui ne laisse de côté aucune des parties intéressées à la grossesse et qui permet d'apprendre un vrai art de vivre la grossesse et l'accouchement....

Synopsis

Le mot haptonomie vient du grec haptein qui signifie le toucher, mais y compris dans le sens affectif d'unir ou de créer une relation et de nomos qui désigne la règle, la loi, la norme.

Cette discipline est inventée par Frans Veldman, chercheur néerlandais en Sciences de la Vie, après la seconde guerre mondiale qu'il nomme "Science de l'Affectivité", et qui est particulièrement développée dans le contexte des relations prénatales.

L'haptonomie s'intéresse ainsi aux mouvements du bébé in utero comme aux relations que les parents peuvent déjà développer avec l'enfant. Le premier apprentissage consiste à ressentir ces mouvements par un toucher adéquat. De ce geste naturel, Frans Veldmann a fait un véritable art du toucher. Il a montré qu'ainsi une véritable communication peut s'établir par le biais des mains qui touchent le ventre et le bébé in utero.

La particularité de l'haptonomie réside dans le fait qu'elle lie les deux parents au bébé d'une façon tout à fait intime... elle permet au père de jouer son rôle dès la grossesse et de ne pas être étranger aux premières étapes du développement de l'enfant... L'haptonomie permet de tisser un lien bien avant la naissance, de connaître déjà son bébé et de communiquer avec lui.

L'haptonomie est enfin une excellente préparation à l'accouchement. On a pu observer que, grâce à l'ambiance affective que diffuse ces gestes, les contractions sont moins nombreuses en raison du déclenchement des sécrétions hormonales d’endorphines (antalgique naturel) et de cortisol (hormone qui gère le stress). La maman se trouve ainsi en bonne condition pour permettre à l'enfant de venir au monde.

L'haptonomie vue du père

"Lors de la première séance, je fus assez surpris par ce qui était proposé. Cependant, je sentais l'envie d'apprendre à rentrer en relation avec l'enfant le plus tôt possible tout en me permettant de mieux comprendre le cheminement de ma femme pendant sa grossesse.
Une fois lancé dans la démarche, j'ai éprouvé beaucoup de joie à entrer en relation avec l'enfant et à développer la capacité d'accompagner cette petite vie toute neuve. J'ai été très surpris, les premières fois, de voir que l'enfant répondait à mon toucher, qu'il venait se blottir dans le creux d'une main posée sur le ventre de ma femme. Grâce à la sage-femme qui nous a accompagné j'ai pris conscience du rôle que je pouvais jouer. L'accouchement fut un moment extraordinaire car, là encore, j'ai pu accompagner ma femme et mon enfant dans cette merveilleuse séquence de mise au monde".

Une séance d'haptonomie : comment ça marche?


Le père désire entrer en contact avec le bébé pendant la grossesse. Il ne peut le faire que par l’intermédiaire de la maman. Mais comment entrer en contact avec ce bébé qui se développe et le toucher à travers les membranes protectrices du ventre de la maman?
Pour cela, il faut laisser de côtés nos bons vieux réflexes rationnels et nous ouvrir à l’art du toucher afin d'entrer au contact du bébé par une modification de l’état physiologique et psychologique de la maman… Oublions donc le cortex et recourons aux sensations du toucher…

Cela est primordial pour pouvoir pratiquer véritablement l’haptonomie. Il s'agit d'une science qui se déploie par un toucher délicat, beaucoup plus qu’on a l’habitude de le faire en temps normal…

Nous avons l’habitude du toucher au quotidien. Mais celui-ci demeure souvent inconscient pris qu'il 'est dans la répétition des nos actes les plus fréquents. Pour saisir la singularité de ce toucher haptonomique, il faut garder à l’esprit que tout passe principalement par les émotions, les affects et le ressenti de la maman. Il s’agit d’abord d'offrir à la maman une ambiance détendante qui permette au père et l’enfant de rentrer en contact.

C’est en-effet le bien-être que procure le père à la mère qui permet au bébé de « savoir » qu’il y a quelqu’un d’extérieur à la maman qui lui fait du bien, qui la détend et qui par conséquent participe aussi à son bien-être…
Comment faire alors en sorte que la maman soit dans un état propice à l’haptonomie?
Tout d’abord, nous allons utiliser des images positives pour évoquer les parties du corps qui portent le bébé. Nous n’allons plus parler d’utérus, mais nous évoquerons plutôt le « giron » de la maman, ce giron qui accueille, qui berce et qui est chaleureux. Et, l’ensemble du bas-ventre, nous l’appellerons « le berceau » pour ne pas perdre du vue l’ambiance accueillante qui doit entourer ce bébé.
Il est important que la maman soit bien installée et que le papa ait facilement accès au ventre sans être lui aussi dans une position inconfortable…

Le "toucher haptonomique"

Le papa va alors commencer à poser une main sur la hanche de la maman pour entourer son berceau. Une main, très légère et délicate, posée non abruptement mais tout doucement. Ensuite, il fait « atterrir » l’autre main de l’autre coté de la hanche. Il garde ainsi ses deux mains autour du berceau, autour de la « base » de la maman pour l’inviter ainsi à descendre en elle tout en prenant contact avec le bébé. Les mains du papa doivent être légères, mais appuyées tout de même. Il faut éviter toute sensation de « main creuse » en appliquant la paume qui en est la partie la plus douce de la main.

Lorsque la maman se sent bien et détendue, le bébé ressent cela aussi. Il perçoit alors l’action de cette personne extérieure à sa maman qui leur procure ce bien-être. Une fois ancrée sur cette base « émotionnelle », on peut donc commencer à chercher le contact avec le bébé.
La maman se sentant détendue et « en sécurité » peut alors inviter le papa à mettre une main sur le giron (sans lâcher l’autre main), aussi délicatement que possible en restant plutôt sur le côté du ventre, sans quoi, en terme de sensation, cela reviendrait un peu à mettre la main en plein milieu du visage de quelqu’un... Une fois cette main posée, il peut mettre sa deuxième main sur l’autre rive du giron.
Restons un peu dans cette position quelques instants avant de poursuivre le voyage. Profitons-en pour ressentir ce que procure ce toucher du papa à la maman. Faisons partager à notre compagnon ce que nous ressentons, ce qui nous traverse la tête… il est tellement important pour un père de savoir que par un simple toucher il peut faire autant de bien à la personne qu’il aime… L’entendre vaut mieux que simplement le « supposer »…. Partageons alors simplement nos émotions profondes du moment.
Après ces quelques instants, le papa peut « bercer » légèrement le bébé et la maman. Mais cela se fait, comme vous pouvez vous en douter, avec une délicatesse extrême… C’est là que la main experte de la praticienne s’avère incontournable pour apprendre ce toucher subtil et délicat. Les bons gestes assurent les bonnes émotions…
Le bercement est alors un mouvement des mains du papa qui exercent une légère pression de chaque coté du giron. Ce mouvement doit être presque invisible aux yeux, mais suffisamment appuyée pour que la maman ressente quelque chose. Et pour cela, il est important d’exercer la pression vers la colonne vertébrale de la maman. Cela évite de juste de "bercer "la peau…
Le bercement est utilisé depuis la nuit des temps pour calmer un bébé, pour le détendre, pour favoriser cet état paisible qui précède notamment le sommeil… Dans notre cas, le bercement ne doit pas mener à l’endormissement, mais il est là pour détendre, calmer, et manifester l'affection à la maman et au bébé… Lors de l’accouchement, ce bercement peut procurer du bien-être à la maman entre les contractions et peut l’aider à se relâcher afin de reprendre des forces avant la vague suivante.
Après le bercement, le papa peut faire des appels au bébé pour l’inviter à venir dans sa main. Cela ce fait par des petits "coups" (mais toujours en toute délicatesse !!) avec une toute légère pression de la paume vers le giron. La paume de la main retire lentement la pression et s’éloigne un peu du giron pour former un petit creux (comme quand on tient une pomme dans sa main) qui laisse la place au bébé, qui peut y venir s'y blottir s’il le veut.
A cet appel, il répondra...ou non...Ne vous inquiétez pas ! Le bébé dort peut être …ou il veut tout simplement être tranquille ou encore écouter la voix des parents … Il ne faut rien forcer… surtout avec un être si petit, qui ne peut encore faire entendre sa voix … Apprenons déjà à le respecter et attendons un autre moment pour « communiquer » avec lui.
Si le bébé répond et se blottit dans votre paume, vous pouvez rester un petit moment ainsi pour profiter de cette sensation si forte avant de déplacer votre main pour refaire à nouveau un appel au bébé et l’inviter dans cet « ailleurs » chaleureux que vous lui offrez… Au fur et à mesure des exercices et des moments consacrés à l’haptonomie, vous serez probablement étonnés de voir avec quelle confiance déjà ce petit être s’abandonne à vos mains…
Vous pouvez continuer ainsi autant de temps que vous le voulez, à condition que tout le monde se sente bien. Il y aura des jours où la « séance » ne durera que quelques minutes et d’autres où vous souhaiterez poursuivre un long moment. Veillez cependant à ne faire une séance haptonomique qu’une seule fois par jour afin de ne pas surstimuler le bébé …
Gardez en tête que l’haptonomie se base sur les émotions de la maman. Cet état de sérénité demande un peu de temps avant d'être ressenti. Faites donc en sorte de ne pas être dérangés par d’autres enfants...
L’haptonomie peut aussi aider la maman à déplacer le bébé lorsqu’il appuie trop sur l’estomac par exemple. Invitez alors le bébé à descendre dans le berceau (ou à remonter un peu, selon vos ressentis) pour que vous soyez bien. La maman peut faire cela à tout moment de la journée quand elle en sent le besoin.
Pour finir une séance haptonomique, on dit un « au revoir » au bébé et à la maman…qui ne peuvent quitter cet état de bien-être sans une transition adaptée. Il convient alors de faire un petit appel au bébé comme on le fait pour entrer en contact avec lui, à l’aide d’une petite pression redoublée donnée par la paume. Ensuite, on pose une main puis l'autre sur le berceau de la maman en faisant la même chose : quelques petits « au-revoir » avec la paume de la main avant de les retirer doucement.
Une fois la séance achevée, le papa doit s’abstenir de revenir vers le bébé, même s’il bouge après énormément... Il faut que ca soit clair pour le bébé. C’est ainsi que commence à s’établir un premier niveau de confiance envers ses parents. Il sait que c’est fini, mais il sait aussi que cela reviendra…D’où l’importance d’une certaine régularité. Il acquiert de la sécurité, de la confiance et il sera ainsi de plus en plus réceptif au fil de ces rencontres…

Pour plus d'informations:
Je vous laisse découvrir un blog qui décrit tout cela, sur lequel vous pouvez regarder des vidéos, trouver les informations etc... absolument à voir: Le Blog de l'haptonomie